An Infraland Experience /// The Street Chamaan

Disques

Avec ce premier maxi intitulé An Infraland Experience, les nantais de The Street Chamaan nous invitent à plonger dans leur univers hypnotique. Le phrasé hip-hop, posé sur une rythmique entre blues-rock et fusion, dresse le tableau de notre monde et de ses travers à travers les yeux des Chamaan, émissaires envoyés ici-bas voir un peu ce qu’il s’y passe. Et il ne seront pas déçus du voyage ! Des réflexes paranoïaques d’êtres esseulés jusqu’aux ambitions destructrices des tout-puissants, tout un spectre d’ambiances et d’émotions sont fidèlement retranscrites par une rythmique impeccable, toujours au service du texte. Pas de solo égoïste, pas de tournerie éculée, pas d’effets sonores pyrotechniques… qu’a-t-il alors dans ce premier disque prometteur ? Simplement l’essentiel : un discours, un son, une personnalité. Décidément un groupe à suivre.

1. Panoraman (4'17)
2. At The End Of The Corridor (5'08)
3. Mass Destruction (4'05)
4. Diane Blvd Blues (3'56)
5. Lost Satellite Dimension (4'26)
6. Welcome To Yuyuland (3'54)

Artwork : The Street Chamaan

ACHETER EN PHYIQUE 8€   ACHETER EN DIGITAL 4€   BIO DE L’ARTISTE

A l’orée du 21ème siècle se tint dans un recoin disparu du globe, le sommet de l’ONO (Organisation des Nations Oubliées) – réunissant dignitaires et chefs spirituels des dernières grandes tribus séculaires – et au cours duquel furent désignés quatre émissaires pour partir explorer une contrée nommée « Civilisation »… Il fut donc envoyé dans une grande métropole du monde moderne, quatre chamanes, issus chacun de traditions orales et lointaines, issus chacun de régions où le temps et l’espace réunis se seraient semble-t-il perdus ; Au terme d’un long périple, à pied, sans repère, pénible et rude, ils finirent par arriver. Ils se glissèrent, secrets et silencieux, dans les artères du monde nouveau, happés par un souffle étrange le long de rues, bondées, sales, au vacarme sans fin. Au bout de quelques semaines d’errance, discrète et furtive, et après avoir écumé de nuit, zoos, parcs, garages souterrains et catacombes, ils finirent par élire domicile tout en haut d’une tour. Haut perchés sur le toit d’une banque d’affaires, ils se mirent à regarder le spectacle de la ville qui tourbillonnait en contrebas, et cela des mois durant, et le monde comme un livre ouvert se révéla alors dans ses plus grandes lignes. Sur le chemin du retour, par une nuit noire et épaisse, les quatres chamanes se firent repérer aux alentours d’un poste frontière par des agents de surveillance du Territoire. Dans la confusion, les aboiements et les sommations, les quatres ermites prirent la fuite précipitemment. Dans sa course, aux abords d’une immense forêt, un des chamanes fit tomber de sa besace un recueil de feuillets, puis dans l’obscurité, profonde et intense, sans se retourner ni laisser de trace, ils disparurent. Sur la couverture du recueil était gravé : « The Street Chamaan, An Infraland Experience » The Street Chamaan se présente alors comme un groupe virtuel où chaque morceau apparaît comme une histoire, un conte, une chronique, une humeur, une impression. Mêlant des mélodies planantes à l’énergie rock, alliant des couleurs soul et des influences hiphop à des rythmes tantôt psychédéliques, tantôt sous tension, The Street Chamaan se distingue comme un triphop acoustique à la fois aérien et énervé. The Street Chamaan, en fin de compte, ne se définit pas ; il laisse le soin et la liberté à ceux qui se laisseront guider dans son univers de le faire à sa place.