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Réorganisation de nos activités : vers une stratégie de pure player dans le secteur du ghetto-folk !

Le groupe VLAD poursuit la consolidation de ses activités en ce début d’année 2020 avec la réorganisation de ses talents dans les secteurs de l’entertainment, du ghetto-folk et de la galette-saucisse.

Forte d’une expérience de 10 ans dans une scène en constante évolution et caractérisée par la forte exigence artistique de ses acteurs, la société a récemment fait l’acquisition d’un opérateur de référence du spectacle vivant, lui permettant ainsi de développer cette branche de manière autonome, tout en opérant un recentrage du cœur de métier vers le catalogue d’édition musicale qu’elle développe depuis 2013.

Par le choix d’une domiciliation de cette nouvelle entité en Région Bretagne, elle fait le pari d’un rapprochement artistique entre musiques du monde et musiques traditionnelles, sur un territoire historiquement attaché au diato, et dont la gratuité des axes routiers principaux a permis de préserver la mobilité des artistes les plus intermittents.

La maison-mère, plus herblinoise que jamais, anticipe des résultats en nette hausse au premier trimestre, et évolue vers un modèle économique audacieux et horizontal, à l’opposé d’un modèle de start-up, parce qu’après tout en haut il n’y a rien de si intéressant.

Renforcée, l’équipe vous donne rendez-vous tout au long de cette année pour plusieurs sorties d’albums, au national et en Région, et d’autres annonces officielles d’ici à l’été.

Votre contact presse :
Romain PIERRE – romain.pierre@vladproductions.fr
VLAD PRODUCTIONS – 10, Rue du Congo – 44800 Saint-Herblain

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Liste de nos 7 plus gros échecs

Dans cette ambiance anti-service public et anti-artiste-violent, un petit peu d’auto-dénonciation histoire de prendre les devants et couper l’herbe sous le pied de nos détracteurs. Liste non exhaustive des trucs que nous avons essayé et qui n’ont pas marché, avec à chaque fois quelques pistes sur les raisons d’un fiasco.

Echec n°1 : Générer des revenus avec le streaming
Raisons possibles : on est sur des micro-niches musicales, non playlistables, alors tu tomberas difficilement sur nous par hasard.

Echec n°2 : Organiser des soirées global beats / ghetto folk / electro world qui cartonnent vraiment
Raisons possibles : on n’a plus l’âge d’avoir 400 potes et d’espérer en faire une “communauté”, à supposer que ce concept existe d’ailleurs. De plus, nos esthétiques sont peu connues du grand public qui sort le samdisoar et qui cherche des mojitos pas chers, et peu connues des médias qui passent des deals avec des banques ou des marques de fringues. Globalement, on est mal sapés.

Echec n°3 : Populariser nos esthétiques auprès de blogs ou médias influents
Raisons possibles : on n’est déjà pas d’accord entre nous sur la définition des styles qu’on joue alors bon. De plus, va faire venir un journaliste dans un club toi. Les mecs dorment.

Echec n°4 : Générer des revenus avec du merchandising
Raisons possibles : notre public n’a pas les moyens, déjà mettre 5 ou 10 balles dans une soirée c’est un budget. Puis bon faut bien boire pour oublier la semaine capitaliste qu’on vient de passer.

Echec n°5 : Donner le goût du remix à des artistes de musique traditionnelle
Raisons possibles : rares sont ceux qui s’intéressent aux musiques de club, et nos efforts pour leur en donner une bonne image n’ont pas suffi. En général dès qu’un synthé ou un kick déboule le mec fait la grimace. Vous retrouverez cependant quelques exceptions sur notre bandcamp.

Echec n°6 : Se faire une place dans le circuit world music
Raisons possibles : quand un festival ou un superviseur musical veut de la musique tzigane, il appelle des tziganes. Quand il veut de la cumbia, il appelle des colombiens. Quand il veut de la musique afro, il appelle des maliens. Ceci dit, les mecs préfèrent parfois appeler Shantel, Quantic ou Jain, donc c’est même pas vraiment une excuse.

Echec n°7 : Se faire une place dans le circuit des musiques électroniques
Raisons possibles : y’a déjà beaucoup de monde sur le créneau. On a cru que notre positionnement folklorique pouvait nous permettre de nous démarquer. Peut-être que nos débats sur l’appropriation culturelle et le néo-colonialisme rendent lourdingue notre démarche pour qui veut juste taper du pied sur un 132 BPM avec les narines bien dilatées.

Comme dirait un community manager fraîchement diplômé, si vous pensez à un autre fiasco que nous aurions oublié de mentionner ici, N4HESITEZ PA A LE MARQUER DS LES COMMENTAIRE

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Revue de presse /// Les musiciens dans la révolution numérique

Comme promis, j’ai lu pour vous « Les Musiciens dans la révolution numérique« . Vous pouvez le lire vous aussi, hein. Dans le cas contraire, voici quelques éléments qu’il peut nous être utile de connaître, nous autres punks/profanes/bouseux/wannabe, comme vous voulez.

Il s’agit de l’analyse d’une enquête menée en 2008 auprès d’un large échantillon d’artistes et musiciens interprètes membres de l’ADAMI. J’en connais déjà un paquet parmi vous qui ne savent pas ce que c’est que l’ADAMI (renseignez-vous, ils ont peut-être du pognon à vous sur leur compte en banque), et c’est statistiquement peu surprenant puisque 72% de l’échantillon a 40 ans ou plus. Bref, vous vous inscrirez plus tard j’imagine.
Voici donc une sélection de points intéressants, d’après moi.

1. L’échantillon se répartit entre les genres musicaux suivants :
Classique, lyrique : 19%
Jazz, blues : 10%
Musique du monde : 15%
Pop, rock : 19%
Chansons, variété : 28%
Nu-manele, moombahton : 0%
Illustrateurs sonores et autres : 9%

Au passage, rappelons que l’ADAMI collecte des fonds notamment sur la copie privée. Par exemple, quand tu achètes une clé USB (et il paraît qu’il s’en vend quelques-unes chaque jour), des sous partent vers l’ADAMI, puis après quelques commissions diverses et cordiales vers les artistes membres. Combien ? Oh, genre 11 millions par an. A lui tout seul et ses sept cents disques durs externes, Captain Cumbia a probablement permis de financer la moitié du budget des prises de batterie du dernier Nolwenn Leroy, respect ! Ceci dit, les prises sont bien clean.

2. Critère intéressant, les auteurs ont demandé aux sondés s’ils revendiquaient plutôt :
– connaître et appliquer de façon créative des règles complexes de composition ou d’interprétation,
– chercher à plaire à leur public (et éventuellement à l’éduquer),
– inventer des formes radicalement nouvelles
avec un seul choix possible. Bien sûr les trois aspects peuvent coexister dans un projet artistique unique, mais là il faut choisir.

Résultats dans l’ordre : 60% / 20% / 20%. J’ai été un peu surpris, d’après ce que je peux voir sur ma TL j’aurais dit que les artistes étaient plus nombreux à chercher à se faire liker par leur public.

3. Il y a une bonne partie de l’étude qui porte sur la révolution numérique (normal c’est dans le titre) : internet (MySpace, YouTube) et équipement home-studio. Aujourd’hui, on ajouterait probablement plein de rubriques : crowdfunding, réseaux sociaux, etc. Pas de réel scoop pour nous, ce sont les plus jeunes, les plus innovateurs et les plus miséreux qui s’investissent le plus dans la matrice. On y croit !

En revanche, pas mal de défrichage sur les questions de l’auto-production, de la politique tarifaire (morceaux gratuits, prix libre). En 2008, seuls 15% des sondés envisageaient d’abandonner le CD dans un futur proche, mais 60% se disaient favorables à la distribution de leur musique sous forme de bouquet de quelques titres plutôt que sous forme d’album. « Bouquet » ça veut dire « maxi » (pour ceux qui s’y connaissent pas trop en fleurs).
Bon, je vais pas tout recopier non plus sinon je vais encore aller en prison.

4. L’étude se conclut sur un essai de typologie en 5 catégories (par analyse de correspondances multiples, pour ceux qui s’y connaissent pas trop en fleurs) :
– les élus (5%) : archi-stars, ils sont peu impliqués dans la révolution digitale qui est en train de nous sauver la vie, le plus souvent parce qu’ils ont du staff pour ça.
– les artisans (20%) : pour simplifier, ce sont les musiciens classiques, pas nécessairement compositeurs donc. Egalement moins impliqués pour des raisons liées par exemple au style de musique en lui-même. Mangent pas que des pâtes, a priori.
– les professionnels (un peu moins de 20%) : ils s’investissent davantage que les artisans et semblent toucher à un peu tous les domaines (auto-production, home-studio…). Typiquement les musiciens de jazz/blues, on a chez Vlad quelques gars qui rentrent dans cette catégorie : « j’me débrouille tout seul, ça m’a pris un peu de temps pour créer mon réseau ou ma fanbase mais globalement je m’en sors ».
– les innovateurs (25%) : ils ont souvent un boulot complémentaire et sont les plus fortement numérisés. Ça aussi on connaît bien chez Vlad, ce sont ceux pour qui la promotion de la musique (en tant que création) est le fil directeur, devant la course aux cachets ou aux royalties. Ils sont souvent adaptes de la licence libre, du peer-to-peer, etc, tout ce qui peut aider la diffusion.
– et enfin les exclus (29%) : peu numérisés, peu actifs, ils sont par exemple en début ou fin de carrière, ou bien en transition entre deux projets, ce qui explique la baisse de régime. On retrouve un taux habituel de « attends ouais je vais le faire, on se rappelle lundi, gros bisous ».

5. Le meilleur pour la fin : deux études sont citées et m’ont l’air fortement audacieuses.
« Rosen (1981) a mis en évidence que le succès comparé de deux artistes n’est pas toujours lié de manière nette à leurs talents respectifs. »
L’étude est ici et mérite largement qu’on apprenne l’anglais (et quelques notions d’analyse). Je me demande ce qu’on y appelle le talent.
« De même, Adler (1985) a souligné que le comportement mimétique des consommateurs, via le bouche à oreille et la recherche d’une culture commune, peut parfois conduire à l’émergence de « stars » dénuées de tout talent. »

A lire ici. Une étude qui va redonner de l’espoir à tous ceux qui rêvent de réussir alors même qu’ils ignorent tout du solfège. Courage !

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Auto-interview inspirée de questions entendues dans la vie réelle

Comment vont les affaires ?

On fait des progrès ça c’est sûr, l’inconnue maintenant c’est de savoir jusqu’où on peut aller. Pour rappel, on travaille sans subvention ni prêt bancaire, et ce sont aujourd’hui à 99% les concerts qui permettent de payer les gens et le téléphone. Alors il y a bien sûr des projets d’un intérêt artistique fondamental qui mettent trop de temps à sortir à notre goût, mais on finit toujours par accoucher, même des projets les plus scandaleux. Se plaindre serait de mauvais goût.
Les ventes de MP3 sont en augmentation, passant de quelques centimes par mois à quelques euros voire quelques dizaines (ça fait du x100 ou x1000 coco !). Est-ce qu’on peut faire encore x100 ? Vous le saurez d’ici quelques mois.

Est-ce que vous n’avez pas l’impression de vous prostituer en faisant du festif ?

En fait on se demande plutôt si on n’est pas en train de se prostituer quand on fait du non-festif. Je vais la faire courte mais lorsqu’on fait la fête, on célèbre le fait d’être plusieurs humain(e)s qui s’aiment les uns les autres. Quand on fait du non-festif, c’est quand même assez souvent pour s’auto-célébrer, hein.

D’ailleurs quand je fais la fête je reste précis sur les BPM, alors que quand j’ai un truc à dire en général ça cale pas sur du 4/4 !

Mais, contrairement aux apparences, nous sommes des êtres humains, et nous avons autant besoin de clubber que de séréniser notre ego en l’exorcisant avec du son sentimental, ou que de combattre l’ordre établi (OUAIS) avec du son guerrier. Tout cela n’est pas très clair mais on en reparlera.

Vous pensez pas que vous pourriez gagner du temps en déléguant les trucs que vous ne savez manifestement pas faire à des personnes compétentes et dûment immatriculées au RCS ou au RM ?

C’est justement parce qu’on le fait nous-mêmes que c’est beau.

D’ailleurs on n’a même pas le choix : quand tu veux conquérir le monde, tu demandes pas l’autorisation au taulier.

A bientôt
Rom2 (taulier)