Et voici notre nouveau label 100% vinyle : FRZB

Vie du label

 

Ce qui est chiant, quand on essaie de faire mieux que vendre de la musique industrielle, c’est qu’on se retrouve à porter des projeeets trois fois plus gros que nous, alors qu’on est déjà charrette pour faire rentrer les GUSOs.

Nombre d’idées brillantissimes ont ainsi rejoint le prestigieux cimetière des Révolutions Autour Du Barbeuc Vendéen de la Fin Août.

Et parfois, patatras, quelque chose fonctionne.

La plupart du temps, c’est lorsqu’une idée est portée par 2 ou 3 gars suffisamment motivés pour s’en reparler entre eux régulièrement, et qui disposent périodiquement de quelques heures ou quelques jours précieux pour s’isoler du flot Gmail et réfléchir à de belles choses.

C’est ce qui s’est passé avec ce projet Triple A de gravure vinyle, imaginé par Vlad et Crabe Records et logistiqué par notre partenaire Studio Adjololo.

En effet, ces dernières années nous ont contraints d’opérer cette fameuse transition numérique. Et à mesure que l’on intensifiait notre distribution numérique, nous allions vers toujours plus de JPG et de MP3, supprimant l’objet, puis le format album, puis l’idée d’artwork. C’était beau, car nous nous débarrassions d’autant d’aspects industriels. Faire du plastique n’est en effet pas un métier de musiciens. Et nous réduisions notre art à sa quintessence : un signal. Un message. Une idée. Une vision. Vertigineux !

C’était beau, mais ça devenait autre chose. Car il y avait tout de même quelque chose à sauver dans l’idée d’album physique. Et il nous aura fallu nous vautrer dans le digital pour bien le comprendre.

Avec ce nouveau label FRZB (« frisbee », t’avais compris) nous allons pouvoir poursuivre les expérimentations menées par Lorenzo And The Lamas depuis 2012 dans le domaine de la microéconomie musicale.

Poussant le raisonnement jusqu’au bout (sinon c’est pas un raisonnement, c’est du marketing), nous avons reconstitué une chaîne de production analogique de bout en bout : enregistrement, mixage, reproduction mécanique.

Il s’agit pour l’instant d’une expérimentation destinée à tester la validité de quelques postulats. Le n°7 m’a laissé bouche bée !
– la musique sonne-t-elle vraiment mieux ou moins bien en analogique qu’en digital ?
– est-ce qu’on entend toujours les pains lorsqu’on a one-shoté un titre sur 2 pistes, donc sans édition possible ?
– quels sont les réels apports techniques et artistiques de la MAO ?
– et si les techniciens et les radios avaient pris le pouvoir sur les artistes ?
– y a-t-il un modèle économique alternatif à développer ?
– le processus d’enregistrement est-il créatif ?
– sinon, quelle est son influence sur la création ?
– comment distinguer le travail de composition du travail technique de mixage ?
Et bien d’autres encore.

Voilà donc le début d’une nouvelle aventure, inaugurée par ce FRZB#000 intitulé « Premiers lancés » et sur lequel vous pourrez entendre les improvisations nocturnes de deux mecs qui, après 12 ans de recherches et 12 heures de calibrage de stylet, ont encore soif d’explorations sonores et humaines.

L’histoire est écrite par les vainqueurs. Et un label qui utilise le mot « postulat » dans ses communiqués de presse n’a pas l’intention de reconnaître sa défaite.